La COP10 de l’OMS a du plomb dans l’aile

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Vue de la COP6

Nous vous en avions parlé il y a quelques mois, la COP10 de l’OMS devait se tenir à Panama City le 20 novembre prochain. Il semble que la tenue de ce sommet soit compromise. En effet, une vague de protestation de la part des panaméens est en train de faire capoter celui-ci.

Contexte

En août dernier, notre confrère Copwatch rapportait qu’une série de manifestations et de blocages avaient eu lieu en juin. Le Panama fait face à une crise majeure face au coût de la vie, la pauvreté et les inégalités flagrantes ainsi que la méfiance vis à vis des fonctionnaires et la corruption ont suscité de nombreux mécontentements.

L’arrivée de 1200 délégués de tous pays pour le sommet de l’OMS n’a rien arrangé. En effet, le ministère de la santé (MINSA) a publié un appel d’offre de 4 881 732,20$ pour l’organisation de la COP10. En pleine crise du système de santé panaméen, cette nouvelle a fait l’objet d’une bombe.

C’est l’état qui rince

Selon une publication du site de la direction générale des contrats publics, il s’agit d’une procédure exceptionnelle de mise en ligne pour l’embauche d’une entreprise en vue de l’organisation de la dixième conférence des parties de l’OMS pour la lutte antitabac.

Comme toujours, l’opacité est de mise et on ne connait pas exactement ce qui est inclus dans ce contrat. Toujours est-il que dépenser plus de 4000$ par délégué de la COP ont déclenché une vague d’indignation. Beaucoup de gens sont très mécontents que leurs impôts soient dépensés de manière aussi somptuaire. Tout cela pour payer grassement des fonctionnaires souhaitant interdire les sachets à la nicotine ou la vape.

Mon Dieu, avec la moitié de cet argent, se plaint le directeur médical Fernando Castaneda à La Prensa Panamá, nous pourrions acheter des couveuses pour les nouveau-nés, des milliers de médicaments, des fournitures et des équipements endommagés que nous devons remplacer.

Fin de contrat

La semaine dernière, le média panaméen La Prensa révélait que l’accord avait été dénoncé.

« Le Conseil des ministres a approuvé l’annulation du contrat de 5 millions de dollars signé entre le ministère de la santé (Minsa) et le consortium Cop 10 pour l’organisation d’une conférence bisannuelle contre le tabagisme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). »

En effet, les rapports suggèrent que le consortium COP10 avait du faire face à des dépenses supplémentaires est demandait une rallonge de 2 millions de dollars de plus au gouvernement panaméen. La demande a été rapidement rejetée et on comprend pourquoi étant donné le contexte explosif du pays en ce moment. Le consortium COP10 s’est donc retiré dans la foulée.

En conséquences, à moins de deux semaines de l’évènement, l’OMS a réservé un centre de convention pour la tenue de la COP10 mais n’a personne pour l’organiser. Tous les délégués internationaux risquent d’arriver sur place sans savoir où aller. C’est un sacré camouflet tout de même.

On reporte ?

Peut-être que la CCLAT envisage de reporter la COP10, mais le Panama semble définitivement compromis. En effet, au-delà des dépenses en vue de la COP10, un autre évènement vient rajouter une couche dans le mécontentement populaire panaméen. Un contrat mirobolant de 400 milliards de dollars attribué récemment à une société minière canadienne vient crisper un peu plus l’opinion publique panaméenne.

Cette concession a pour but de permettre l’exploitation de trois km2 de forêt tropicale primaire à des fins d’extraction de cuivre. Des manifestants sont descendus dans les rues de tout le pays en scandant et en brandissant des banderoles portant des slogans tels que « Le Panama n’est pas à vendre ». Des affrontements entre manifestants et police ont eu lieu dans les rues même de Panama City. Selon BBC World, un tel niveau de conflit ne s’était pas vu depuis la dictature Noriega. Ce qui signifie que cela ne s’arrangera pas demain matin. Bref, ça chauffe au Panama.

Conclusion

Il semble que la COP10 ait du plomb dans l’aile. Sur fond de crise énergétique mondiale et de récession globale, les panaméens font comprendre à leur gouvernement que dépenser près de 5 millions de dollars pour une COP de l’OMS est particulièrement malvenu.

Ce n’est pas la première fois que la CCLAT* doit faire face à des problèmes majeures pour ses COP. Ce fut le cas de la COP6, COP7 et COP9. Décidément, ces réunions semblent être maraboutées. Et c’est un juste un juste retour des choses étant donné l’opacité patentée des COP de la CCLAT. Sans parler des accointances et financements douteux de cette dernière.

*CCLAT : Convention Cadre de Lutte Anti-Tabac

Source : Even bigger big trouble in little Panama

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