Green washing et pureté dangereuse dans les e liquides

Le green washing à l’oeuvre

Le greenwashing.

Le e liquide est le liquide que l’on met dans une cigarette électronique afin de générer de la vapeur. Le green washing, c’est un procédé de marketing visant à donner d’un produit, une image vertueuse et écologiquement responsable. Dans les faits, l’argent est dépensé en publicité et sert plus pour le « paraitre » que pour le « faire » ou « savoir-faire ».

L’image, c’est l’arme du 21ème siècle comme le novlang  est la langue vertueuse d’Orwell dans 1984, qui permet d’enlever au mot tout concept péjoratif ou inquiétant. Cette langue de bois permet ainsi à un nain de devenir une personne de petite taille, un aveugle devient non voyant et un vieux, un senior. Le politiquement correct envahi notre sphère et déteint jusqu’à notre cigarette électronique. Si seulement celle-ci s’était appelé vapo, vaporette, vapoteuse, brumeuse ou brumette dès le départ, aurait-on vu ce déferlement de passion et d’inquiétude à son sujet ? Surement pas.

Idem pour les e-liquides qui contiennent du PG, du VG des arômes et de la nicotine. Pas grave, oui, mais le PG c’est du propylène glycol alors que le VG ce n’est que de la glycérine végétal. Vous préférez vapoter quoi vous ? du propylène glycol ou de la glycérine végétale. De la glycérine bien sur, ça on connait, on s’en est même servi comme gel intime 😉 ça peut pas faire de mal…

Le problème, c’est qu’on ne peut pas changer le nom de la molécule et que l’on est obligé de l’inscrire sur le flacon. Quelle brillante idée a eu ce service marketing  qui a dit :      « bon, on va se passer du propylène glycol et ne mettre que de la glycérine », et le collègue de rétorquer      « glycérine végétale » bien sûr. La stagiaire « chef de produit » junior y allant de sa bonne idée :      « peut-être glycérine végétal bio? non? Génial » s’exclamèrent-ils tous en coeur, on va exploser le marché des e-liquides avec çà.

Aussi fut dit, aussi fut fait : Bobba’s bounty, Gorilla Juice, Organics, Liquide francais biologique et naturel, fabriqué en france à partir de produits naturels. Nicotine produite à partir d’extraits végétaux naturels. Les arguments « naturel » se multiplient. L’ecoblanchiment est à l’oeuvre. Tant mieux me direz-vous, c’est plus sain pour tout le monde. Peut-être pas.

Dans le fonctionnement de la cigarette électronique, il y a une résistance. Cette résistance chauffe le e-liquide par effet joule. Sans e-liquide, la résistance monte à plus de 600°C et elle rougit. La présence de e-liquide diminue la température de la résistance comme l’eau qui bout à 100°C diminue la température de la casserole. Mais à quelle température bout le e-liquide? C’est simple, il suffit de connaitre la température d’ébullition des composants de ce e-liquides. Reprenons donc nos composés majoritaires PG/VG.

La température d’ébullition du propylène Glycol est de 188°C. Oulàlà c’est chaud. On m’avait pourtant toujours dit que la température des résistances ne dépassaient pas 60°C pour évaporer le propylène glycol. On m’aurait menti ? Non, ils ont du oublier de considérer le refroidissement par air. Ben oui, quand j’aspire, je refroidi la résistance quand même.

Pas faux, le refroidissement par air de l’aspiration diminue l’ébullition. Pour s’en convaincre il suffit de constater la diminution du bruit d’ébullition au moment de l’aspiration. Je pousse le bouton de la batterie schrcrisscrish, ça bout, j’aspire… ça bout moins. Bref, ça tourne quand même aux alentours de la température d’ébullition du mélange PG/VG soit 188°C même si la vaporisation d’e-liquide diminue.

Et le Bobba bounty et autres liquides 100% VG, ils bouillent à combien? A plus de 250°C, température limite haute de notre caméra thermographique. 250°C !! Mais c’est pas bon du tout çà quand on sait que l’acroléine se forme à partir de 282°C à partir de……. je vous le donne en mille, vapeur de Glycerol. Et la température d’ébullition de la glycérine végétal, c’est combien ?

Wikipédia : La température d’ébullition du Glycérol est de 290°C.

Le chef de produit qui a eu l’idée de mettre de la glycérine végétal pure a-t’il pensé à aller voir un biochimiste avant de lancer son produit. J’en doute, à moins que les marqueteurs ne suivent plus les avertissements des ingénieurs… Ca se saurait 😉

En utilisant un produit qui contient une proportion de PG/VG aux alentours de 70/30, on évite que la température du mélange ne dépasse 200°C. Certes, il y a un peu moins de vapeur mais c’est plus Safe & Secure. Pour résumer, la cigarette électronique est bien moins dangereuse que la cigarette mais ne nous amusons pas à jouer les apprentis sorciers. Je salue ici, le projet du Collectif des acteurs de la cigarette électronique FORVAPE qui ont déjà commencé à former vendeurs, gérants et fabricants. Ces données seront expliquées en long, large et en travers et les membres du CACE sont sur le point de finaliser une normalisation de fabrication d’e-liquides bien nécessaire quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend…

Publié dans News, Santé
19 commentaires sur “Green washing et pureté dangereuse dans les e liquides
  1. Arrêter de fumer dit :

    Sincèrement, super article ! Je suis complètement d’accord sur le fait que de jouer les alchimistes va forcément finir mal et le pire des scénarios serait un accident grave causé avec une cigarette électronique. Autant dire que les médias sauteraient sur l’occasion, sans parler du gouvernement qui pourrait statuer sur des lois express en défaveur du marché de la e-cig.
    Avec certain fabricant e-liquide peu regardant, le DIY (le fait maison), je crains malheureusement que cela finisse par arriver….

  2. yoyo dit :

    N’importe quoi si l’eau bout à 100° ! laissé un peu d’eau en nettoyant votre mèche de votre clear dessus, ensuite essayer de vapoter vous verrez du temps que l’eau se chauffe il faut bien 2 minutes ou plus si vous avez compris pour qu’elle soit chauffé et que la vapeur commence à se produire avec le eliquide, ce que je veux dire c’est que la résistance d’une ecigarette ne chauffe pas à 600° >>> encore une grosse fausse information 😉

  3. yoyo dit :

    Bien sur que je fait des dry sur mes vivi nova de temps en temps à combien monte en t° un dry burn mais il faut voir que un dry burn c’est un nettioayge de resistance à sec sans rien sur la résistance une fois de eliquide dessus et avec l’appel d’air du souffle je doute que en vapotant cela en arrive à faire de l’acroléine ?.

    Le fait pour moi je pense pas que le fait de vaper de la GV pure 100% (mes propres eliquides fais maison) comme je fais soit dangereux avant qu’elle se transforme en acroléine (chauffe à 280°) je dis pas encore sur un mod avec un résistance chauffée à fond et avec la puissance du mod et encore ?

    Enfin je vapote que depuis 2 mois et j’aime pas le PG cela me gratte la gorge ! je vous redirait dans un an si je suis pas mort 😉 Bonne continuation à votre site informatif.

  4. yoyo dit :

    Aussi l’acroléine à un gout tres reconnaissable, le goût de barbecue 🙂 c’est ce petit gout fumée !! (de l’acroléine) et donc, on s’en rendrait à prioris compte en vapant… De plus, c’est ultra irritant… Donc à prioris la VG meme à 6v ne fait pas d’acroléine, ou alors dans des doses infimes quoi qu’il y en à aussi dans les cigarettes donc voila 🙂 Bonne continuation.

    • Nicolas dit :

      En effet, Juanito, le gout acre de l’acroleine est très reconnaissable. La question se pose quand il est produit à dose très faible et en dessous du seuil de détection des « papilles ». L’activité de vapote étant récurrente dans la journée, il ne faudrait pas que les doses répétées sur des semaines ou des mois amènent une quantité cumulée significative et nocive pour l’organisme en cas de vapote de VG pur. Il serait bon que des études se penchent sur le sujet pour conclure.

  5. yoyo dit :

    Oui ils devraient faire des tests, mais bon je pense que toutes manières la vapote reste toujours bien moins dangereux que de fumer du tabac. Bonne continuation.

  6. Aurélien dit :

    Il est clair que les marketeurs qui jouent avec les produits que le grand public connait peu, exactement comme les e-liquides ne sont pas très responsables. C’est la même chose quand les vendeurs disaient que c’était de la vapeur d’eau qui sortait des e-cigarettes. Du grand n’importe quoi, en tout cas j’espère que, comme les cigarettes normales, les liquide ainsi que les cigarettes électroniques seront bien vérifiés par les services français !

  7. lordzurp dit :

    @yoyo : prends des cours de physique-chimie, tu comprendras ce que tu écris 🙂

  8. Etienne dit :

    Bonjour,

    J’ai lu avec grande attention votre article que j’ai vraiment aimé et qui m’a bien fait sourire !

    D’ailleurs je suis en train de faire grimper vos stats : pages vues = 9 ou 10, durée de visite 30 à 40mn, intérêt porté à vos lectures 9,5/10 et intention de revenir 9,5/10.

    Ne décriez pas trop le mkt quand même messieurs. Lorsque vos talents se seront exprimés et que vous aurez trouvés la parfaite clope électronique, vous aurez besoin d’un bon marketeur pour vendre tout çà 😉

    Nous ne sommes pas tous des Mad Men, plein de sous et roulant dans de grosses voitures en espérant vendre nos chères mamans.

    Petite question au passage : On peut faire du e-liquide 100% français ?
    Je pensais que seuls les chinois savaient extraire la nicotine et la rendre liquide.

    J’ai posé la même question au fabricant Dlice mais je n’ai jamais eu de réponse…

    Au plaisir de vous lire ! Surtout continuez c’est vraiment intéressant et vous avez un très beau projet !

  9. arreter fumer blog dit :

    Les chiffres de ventes de l’e-cig commencent à faire des envieux !

  10. Nicolas dit :

    Merci pour cet article qui donne de précieuses informations sur le dosage de l’e-liquide, car même si la cigarette électronique est moins nocive il faudrait quand même faire attention aux proportions qu’on mélange pour ne pas courir de risque.

  11. supermegaridin dit :

    Bon, ça fait plusieurs fois que je retombe sur cet article, il est peut être temps que je donne mes deux cents pour limiter le flot massif de connerie.
    D’abord, l’acroléine n’apparait que si la vapeur de glycérine est chauffée au delà des 280°. Expliquez moi comment, dans un ato, vous pouvez chauffer la vapeur à plus de 280°. Considérant que la plupart des atos sont en métal (s’ils ne le sont pas, jetez les et prenez de la qualité), à 280°, ton ato, tu le prends plus dans ta main, tu ne l’approches plus de ta bouche non plus.
    Alors pourquoi, vu que la résistance est faite de khantal, dont le point de fusion dépasse les 1500°? Ben parce que… il y a le flux d’air ! tout simplement. Quand tu tires une latte, tu fais circuler de l’air, et la température interne de la chambre dépasse rarement les 60, 70°. Bon, bien sûr, tu trouveras toujours un malade du subohm qui fume à 120W sur des accus à 30A, et là, je n’ai aucune garantie sur le contenu d’acroléine dans la fumée résultante, mais même comme ça, ça me semble douteux.
    Ensuite, le truc que vous semblez oublier, mais c’est normal si vous etes des amateurs de cette saleté de propylène glycol, c’est que la glycérine végétale, ben… tu ne la vapes PAS PURE ! SI tu veux tester, descends dans n’importe quelle pharmacie, et demande un flacon de glycérine (à paris, 2.30€ les 100ml), maintenant observe sa viscosité… Tu crois vraiment que ça passera par les canals à jus de ton kayfun? Trust me, ça ne marche pas. Donc, pour faciliter la capillarité des mèches (ou dans un type carto/aspire, le passage du liquide dans les trous pour arriver à la bourre) on dilue toujours la GV avec de l’eau déminéralisée. Environ 10%. Or, l’eau bout à 100°, pas à 280°. Donc, la température de ta vapeur n’atteint jamais ne serait ce qu’une température ou tu peux honnêtement commencer à avoir des doutes quant au taux d’acroléïne.
    Je vape de la GV depuis … bah ma deuxième fiole d’e-jus. D’abord parce que je trouvais le PG dégueulasse. Puis en grattant un peu, je me suis aperçu que le PG est suspecté d’être un perturbateur endocrinien au même titre que le tristement célèbre bisphénol A. Et bien sûr, les études parlent d’une absorption orale, par voie digestive. Pas vaporisée par voie aérienne. Sachant que pour la plupart des drogues l’absorption orale est à peu près deux fois moins efficace que la voie aérienne… Je n’ose pas imaginer le résultat. Evidemment, ce ne sont que des soupçons, il est impossible à l’heure actuelle d’avoir un recul suffisant pour affirmer que le PG est dangereux. Mais, par précaution, et, finalement surtout par gout, j’y préfère largement la GV.
    Donc, ouais, la suspicion de greenwashing n’est pas étonnante, comme tout ce qu’on laisse entre les mains des marketeux, ça se voit corrompu. Mais l’idée derrière n’est pas forcément sans sagesse. Et vraiment, j’insiste c’est tellement meilleur à fumer.

    • Nicolas dit :

      vapoter n’est pas fumer, que ce soit du PG ou du VG.
      Il est intéressant de voir ton avis qui est partagé par beaucoup de vapoteurs. C’est en lisant des avis comme le tien que nous nous sommes décidé à faire cette étude.
      Petite précision, ce n’est pas l’ato qui est à 280°C mais la résistance. Comme ce n’est pas ton grille pain qui est à 600°C mais la résistance du grille pain. La surface chauffée est assez réduite pour ne pas entrainer une surchauffe de l’ato. Je comprends que le Propylène glycol te fasse plus peur que la glycérine végétale ou propan-1,2,3-triol. Il ne faut justement pas se laisser influencer par le nom des produits car le PG est inodore et c’est pour çà qu’il est utilisé comme additif alimentaire dans de nombreux aliments. Il peut être légèrement irritant pour les yeux et la peau sur certaine personne sensibles. Tu fais peut-être parti de ces 4% de sujets qui sont incommodés par le propylène glycol.
      Si tu cherches un peu dans ce site, tu y trouveras un film pris par une caméra thermographique pour convaincre les derniers Saint Thomas…

    • Renée dit :

      je ne comprends pas supermegaridin, on te montre une caméra thermographique montrant une température à plus de 200°C et tu t’obstines à penser que ta résistance ne dépasse pas les 70°C. On te donne les températures d’ébullition du PG et du VG qui sont autour de 180°C et 280°C respectivement, tu entends le bruit que fait ton clearo quand le eliquide bout et tu t’obstines à penser que cela ne dépasse pas 70°C.
      Sers-toi de tes yeux et des tes oreilles et tu verras qu’il y a des neurones derrière tout çà…

  12. cigarettes-electroniques.info dit :

    je confirmer, le marché de l’e-clope est l’un des plus concurrentiel et la rivalité devient pointue.

  13. aryaphan dit :

    Hello,

    Je me souviens avoir lu sur un blog/forum quelque chose du type « On ne devrait faire entrer que de l’air dans ses poumons » !.

    Je suis fumeur de plus de vingt ans, utilisateur de cigarette électronique depuis un an, je fais mes propres mélange avec de la Glycérine végétale ( irrité par le Propylène ). Qu’elle est la vraie question ?. Dédouaner la cigarette électronique, lui imputer une certaine dangerosité, mettre en garde contre un marketing sans considération ?. S’il s’agit de mise en garde contre un marketing éhonté, je suis tout à fait d’accord. Pour le reste, je trouve le débat ‘creux’, car pas assé de recul, pas assé de recul, pas assé de recul ( e.g. four micro-onde, café au lait, téléphone portable, amiante ….. etc ). Les réponse viendront en leur temps, sans aucun doute et aucune équivoque.

    Maintenant, il faut sans aucun doute, se renseigner, s’assurer un minimum de la qualité des produits utilisés, des dangers potentiels déjà connus ( on parle du Propylène Glycol mais, n’est’il point utilisé dans les cosmétiques, l’alimentaire….etc ? N’a t’il point été testé en laboratoire sur des cobayes animal comme humain, en injection, en inhalation et autre, si, biensur que si et jusque là, sa toxicité n’a pas été prouvée ), ( on parle de la Glycérine Végétale et son acroléine, avérée extrêmement irritante, l’on s’en sert pour fabriquer des gaz lacrymogène….. ).

    Une chose primordiale et essentielle : Chacun doit prendre ses responsabilités à un moment, lorsque j’ai commencé à fumer personne ne m’y à forcé ne serait ce moi même pour faire parti de ceci ou de cela, lorsque j’ai bu mon premier verre…etc si je me chope un cancer ou autre je serai le seul à blâmer !. En conclusion je dirai, un homme averti en vaut deux, assumer ses actes, prendre ses responsabilités et faire ses choix.

    Merci en tout cas pour cet article et les commentaires qu’il a suscité car venant enrichir toujours un peu plus ma connaissance.

  14. 60pg40vg dit :

    Bonsoir, je déterréle sujet , peut etre a tords , mais quand on sais que les ccontrôle de température permet désormais a coup sur (plusde ddébatde ce coté) de monter 315°c sur un evic vtc par ex…. Que doit on penser de la prob d aceroli ?

    • Nicolas dit :

      Aceroli, qu’es aquo? Acroléine pour dyslexique? Ca tombe bien je suis en NI200 depuis le début sur eVic VTC et je ne dépasse pas les 280°C. Ca me suffit.
      Je ne dépasse pas non plus les 50/50 de PG/VG. Ca me suffit aussi 😉

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  1. […] à constituer un courant marketing que l'équipe E-steam n'hésite pas à dénoncer dans un article du 28 octobre 2013. Cette technique qualifiée de “Green Washing” selon les propos de Nicolas Guyot, […]

  2. […] des matières premières à l'analyse bactériologiques du produit final. Loin de moi l'envie de faire du Green Washing, mais autant le […]

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