Sondage : perception de la vape auprès des français

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La société Kumulus Vape a commandé un sondage, en début d’année, afin de connaître la perception de la vape par les français. Ce sondage, fort intéressant, fut réalisé par BVA XSight du 25 janvier au 5 février 2024.

Méthodologie

L’échantillon portait sur 1002 personnes âgées de 18 ans et plus. Concernant la représentativité, les chercheurs ont appliqué la méthode des quotas aux variables d’âge, de sexe, de profession, de région, de catégorie d’agglomération et de comportement dans la consommation de tabac fumé et de vapotage.

Les catégories suivantes représentent les résultats du sondage :

  • Fumeurs exclusifs
  • Vapofumeurs (usage double)
  • Vapoteurs exclusifs
  • Vapoteurs anciens fumeurs

Résultats

Perception du vapotage

Question 1 : Selon vous, la vape permet-elle efficacement de diminuer ou stopper le tabagisme (55%) ?

Une majorité de répondants pense que la vape est efficace dans le sevrage tabagique. La proportion est plus importante chez les vapoteurs (87 des 55% pour les vapoteurs exclusifs et 72 des 55% pour les vapofumeurs).

Question 2 : Selon vous, le tabac fumé est-il plus dangereux que le vapotage ?

Une majorité de répondants pense que le tabac fumé est plus dangereux que la vape (53%). 25% pensent tout de même que c’est aussi dangereux.

Question 3 : Diriez-vous que l’arrivée de la vape est un progrès du point de vue de la santé publique ?

La moitié des répondants on répondu que c’était un progrès pour la santé publique (51%). Un tiers considère que ça n’est pas le cas (36%).

Question 4 : Selon vous, les pouvoirs publics reconnaissent-ils suffisamment le rôle de la vape dans l’arrêt ou la diminution du tabagisme ?

61% des répondants pensent que non et 23% pensent que oui.

Question 5 : Pensez-vous que la vape doit être soumise aux mêmes taxes que le tabac fumé ?

56% des répondants pensent que l’on devrait taxer la vape moins que le tabac fumé. 26% pensent qu’elle devrait l’être au même niveau et 4% qu’elle devrait être plus taxée.

NDLR : la question porte sur le fait d’appliquer moins de taxes et non de ne pas appliquer de taxes du tout, comme c’est le cas aujourd’hui. La perception des réponses pourrait laisser penser que les vapoteurs seraient d’accord pour appliquer des taxes supplémentaires, mais moindres que celles sur le tabac. Ce qui n’est pas le cas. Les associations de défense des vapoteurs demande même, dans le cadre d’un outil de sevrage tabagique, d’appliquer une TVA de 5,5% en regard des 20% actuels.

Question 6 : Selon vous, les pouvoirs publics ont-ils une stratégie efficace pour limiter contre le tabagisme et le vapotage des mineurs ?

Concernant le tabagisme, les répondants ont majoritairement répondu non à 58%. Pour ce qui est du vapotage, la réponse est non à 66%.

L’arrêt envisagé du tabac fumé

53% des fumeurs et vapofumeurs envisagent d’arrêter la cigarette prochainement. Parmi ceux-ci, 37% envisagent de le faire dans les trois mois. Dans le cadre du sevrage, 48% des répondants pensent avoir recours à la vape pour ce faire. Ce qui est intéressant, c’est que parmi ces derniers, 22% des fumeurs ont répondu favorablement pour la vape et 84% des vapofumeurs. Ce qui signifie que l’expérience reste significative.

Parmi les arguments avancés motivant l’arrêt du tabac fumé avec la vape, la majorité revient à la santé (36%). Les coûts arrivent en seconde position (35%) puis la similitude au geste et aux habitudes (31%). Viennent ensuite l’efficacité du sevrage, absence d’odeurs de tabac et les nombreux arômes disponibles. Il est intéressant de constater que les trois premiers arguments sont avancés par les fumeurs exclusifs. Pour les vapofumeurs, la santé et les coûts arrivent en première instance, tandis que le troisième argument est l’efficacité du vapotage.

Le passage à la vape

Concernant les vapoteurs ancien fumeurs, le premier argument a été l’efficacité pour arrêter de fumer. En deuxième position, on trouve l’absence d’odeur de tabac puis, en troisième, une meilleure santé.

Dans l’amélioration du confort de vie après le passage à la vape, 62% des répondants ont déclaré une amélioration nette. Fort logiquement, la proportion diminue avec les vapofumeurs (51% des 62% précédents). NDLR : nous savons depuis longtemps que fumer et vapoter n’améliore pas significativement la santé.

Les économies financières sont également un argument important pour le passage au vapotage. 81% des répondants ont répondu avoir fait d’importantes économies après être passés à la vape. Parmi ces derniers, on note 88% des vapoteurs exclusifs et 77% des vapofumeurs.

Dans le cadre de l’interdiction de tous les arômes sauf goût tabac, 29% des répondants pensent reprendre la cigarette et/ou d’augmenter leur consommation de cette dernière.

Résumé

De ce qu’il ressort de ce sondage, on peut tirer un certain nombre de constats.

Santé publique

53% des fumeurs et vapoteurs pensent que le tabac est plus dangereux pour la santé que la vape et 25% pensent qu’il est aussi nocif. La grande majorité des vapoteurs et vapofumeurs pense que le tabac est plus nocif.

Une majorité de vapoteurs pense que la vape est un progrès pour la santé publique. Cette opinion n’est pas partagée par les fumeurs exclusifs.

87% des vapoteurs et 72% des vapofumeurs pensent que la vape permet un sevrage efficace du tabac. Les fumeurs exclusifs ont un avis contraire.

80% des vapoteurs anciens fumeurs ont constaté une amélioration du confort de vie. 88% d’entre eux déclarent avoir avoir réalisé de substantielles économies. Pour 57%, les économies sont très importantes.

Politique de réduction des risques

La majorité des vapoteurs, et même des fumeurs, pense que les pouvoirs publics ne reconnaissent pas suffisamment la vape comme outil de RdR* efficace. Par corollaire, la majorité juge les politiques visant à limiter le tabagisme et le vapotage des mineurs inefficaces.

La grande majorité des vapoteurs et vapofumeurs pense que l’on devrait taxer moins la vape que le tabac fumé. Les fumeurs exclusifs pensent le contraire dans les mêmes proportions.

Environ 3 vapoteurs ex-fumeur ou vapofumeurs sur 10 pensent que la suppression des arômes autres que tabac pourrait leur faire envisager une reprise (ou augmentation) de la consommation de tabac fumé.

Sevrage

Environ la moitié des fumeurs et vapofumeurs envisage l’arrêt du tabac fumé. L’envie d’arrêter est plus fréquente pour ceux ayant un enfant mineur au foyer.

Parmi les répondants ayant l’intention d’arrêter de fumer, la moitié pense avoir recours à la vape ; 22% pour les fumeurs et 84% pour les vapofumeurs. Ces derniers utilisent d’ailleurs la vape dans cette optique.

Concernant les points pouvant influencer à l’arrêt du tabac avec la vape, on constate que :

  • Les fumeurs exclusifs sont motivés par la santé puis le coût puis la possibilité de conserver les habitudes.
  • Les vapofumeurs sont motivés par la santé puis le coût puis l’efficacité perçue pour arrêter le tabac.
  • Les vapoteurs exclusifs ancien fumeurs citent, quant à eux, 4 points de confirmation : l’efficacité dans le sevrage, l’absence d’odeurs de tabac, une meilleure santé et un moindre coût.

*RdR : Réduction Des Risques

Conclusion

On le voit à travers ce sondage, il subsiste bon nombre de biais concernant la vape. Ceci est certainement dû à une désinformation massive existant depuis des années. Désinformation dont les tenants et aboutissants sont plus ou moins avouables. On le voit avec ce sondage, les fumeurs sont largement touchés par cette désinformation. Cela a pour conséquence de les détourner du vapotage comme moyen de sevrage. Et ça, c’est un gros problème. On ne le dire jamais assez.

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