Une étude japonaise indiquerait que l’e-cigarette est cancérigène.

étude-japonaise-2014

L’étude relayée par les médias, en cette fin Novembre 2014 et présentée ci dessous, montre que certaines e-cigarettes peuvent présenter accidentellement des taux de composés carbonylés significativement élevés. Voici d’ailleurs ci-dessous la traduction de leur conclusion;

 

L’E-cigarette génère fortuitement des composés carbonylés dans l’aerosol. Une cause possible de génération de composés carbonylés est l’oxydation de e-liquides dans l’E-cigarette, tels que glycérol et glycols. Quand ils touchent le Nichrome chauffée qui est le fil de résistance dans le vaporisateur, ils sont oxydés en formaldéhyde, acétaldéhyde, acroléine, glyoxal et méthylglyoxal. Dans certains cas, ces composés dangereux sont générés avec des concentrations très élevées. Fournisseurs et utilisateurs de l’e-cigarette devraient faire attention à ce phénomène.

 

Des résultas aberrants manipulés:

Tout d’abord, ce n’est pas la première fois qu’une étude révèle des valeurs de formaldéhyde ou autres composés carbonylés inquiétantes dans les e-cigarettes électroniques. A chaque fois, en fouillant un peu, on arrivait à mettre en évidence qu’il y avait un défaut dans l’utilisation de ces dispositifs.

tableau 1 2014

tableau 1 2014

Ce qui frappe en premier lieu dans cette étude, c’est qu’afin de présenter des statistiques corrects, les chercheurs ont du séparer les résultats d’un même produit en deux groupes:

  1. Le groupe de e-cigarettes normales avec présence de composés carbonylés à l’état de trace ou non détectable
  2. Un autre groupe de e-cigarettes avec présence significative de composés carbonylés.

En général, quand une étude aboutit à des résultats si disparates pour un même produit, on ne publie pas, on s’interroge et on cherche à comprendre pourquoi il y a de si grandes différences dans un même groupe de e-cigarette théoriquement homogène.

 

On voit ,dans ce tableau 1, les deux groupes d’un même produit, Nhigh et Nlow. Pour ceux qui connaissent un peu les stats, j’attire leur attention sur le fait que pour certaines cigarettes électroniques, dans le groupe Nhigh, l’écart-type des concentrations de composés carbonylés est plus fort que la moyenne, (Formaldehyde / produit A / groupe Nhigh : Moyenne = 61 / écart type = 64 !!) c’est du jamais vu !

Cette étude ouvre la voie à une investigation poussée pour savoir pourquoi ces résultats sont si disparates : problème de méthodes, problèmes de produits, on attend la suite.

 

Les e-cigarettes étudiées ici sont des slim, jetables et obsolètes.

La deuxième chose à noter est que les e-cigarettes testées ici ne sont pas du tout représentatives de ce qui est vapoté en Europe. Ce sont les e-cigarettes jetables vendues chez les buralistes et qui n’ont rien à voir avec les produits présents sur le marché français dans les boutiques dédiées à la e-cigarette. On voit bien sur la photo ci dessous, que la mèche utilisée dans les lots de e-cigarettes générant des composés carbonylés en grande quantité est noire. Elle a donc bien été soumis à des températures anormales ce qui confirme soit le défaut d’utilisation, soit le manque de e-liquide.

 

L’absence d’information sur les e-liquides testés.

Aucun information (matériel et méthodes) n’est présente sur l’origine même des liquides présents dans la e-cigarette ainsi que sur leur composition. C’est pourtant une donnée qui est indiquée clairement sur les flacons ou sur les FDS (fiche de sécurité ) obligatoires pour la commercialisation de ces e liquides. Rien sur la proportion de Propylène glycol, glycérol, nicotine. Rien sur la présence ou non de (PEG) polyéthylène glycol.

Ce sont pourtant les composés issus de ces liquides qui seraient à l’origine des composés carbonylés détectés.

 

Une étude vieille de plus d’un an.

Le quatrième point, qui est le plus scandaleux est que cette étude est présentée comme contemporaine alors que quand on cherche un peu, c’est une étude réalisée il y a plus d’un an et publiée en décembre 2013 dans Japan society for analytical chemistry.

 

La même étude en 2014 devient un rapport

dans   l’étude de 2013 original, les résultats du tableau précédent étaient :

tableau 1 2013

tableau 1 2013

Si on compare les deux tableaux, on observera que le second est un copié collé du premier sauf pour quelques valeurs qui ont été modifiées au passage. Il serait bon que les auteurs s’expliquent sur cette manipulation des données.

Revenons sur la conclusion des auteurs qui se résume à : des résultats de concentration de composés carbonylés disparates sont mesurés sur les mêmes e-cigarettes.

Pourtant, relayé par les médias, la conclusion qui en est retenue devient :

  • pour science et avenir : Petit coup de tonnerre dans le monde des vapoteurs : une étude japonaise vient de mettre en évidence la présence de substances cancérigènes dans la vapeur de e-cigarette.
  • Pour le Figaro :L’électronique parfois plus toxique que le tabac.
  • Selon pourquoi docteur : les vapeurs de certaines e-cigarettes contiennent plusieurs substances cancérigènes. Le Pr Bertrand Dautzenberg relativise la portée de ces travaux.
  • l’Express : Cigarette électronique, certains composés plus cancérigènes que la fumée traditionnelle.

 

Conclusions

E-cigarette slim obsolète, e-liquides absents, chiffres aberrants et manipulés, conclusion modifiée relayée dans les médias : Faute ou erreur ?

Y aurait t’il l’intention de nuire ?

On avait déjà vu dans l’excellent reportage de Elise Lucet (Cash investigation à revoir ici :http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-7-octobre-2014_707683.html) comment le lobby du tabac offrait sur un plateau d’argent au cours d’un déjeuner bien arrosé avec cigare et pousse-café, des amendements déjà tout rédigés aux députés du parlement européen afin de retarder la mise en place de la nouvelle loi sur le tabac. On voit ici encore, le travail des agences de presse (Havas) , des lobbies du tabac qui présentent sur un plateau aux différents médias, une étude supplémentaire dont les conclusions sont déviées afin de dénigrer la cigarette électronique.

Ce qui est navrant c’est que la présence régulière de ces informations manipulées et déformées inquiète les fumeurs à propos de la e-cigarette  et retarde leur arrêt du tabagisme grâce à cette nouvelle méthode qui a déjà libérée de la cigarette plus de 30 millions d’utilisateur réguliers dans le monde sans aucun vrai malade recensé.

De nouvelles données rapportées par Clive Bates et présentées dans le New York Times au sujet des cigarettes électroniques révèlent qu’il ya eu un changement majeur dans l’appréciation du public aux dangers graves du tabagisme dans les trois dernières années:

Selon ces sources, en 2010, 80% de la population pensait que le tabagisme était plus dangereux que les cigarettes électroniques.

Cependant, en 2013, seulement 60% de la population croit que le tabagisme est plus dangereux que l’e-cigarette !

Il existe en effet de nombreux fumeurs qui pensent que la cigarette électronique n’est que 2 ou trois fois moins nocive que la cigarette fumée. Il existe même des fumeurs qui n’essaieront jamais car ils pensent que la cigarette électronique est aussi, si ce n’est plus, toxique que la cigarette.

vignette_Poches-de-sang

On se rappelle le procès des décideurs qui avaient retardé la mise sur le marché des tests de dépistage du SIDA (Abbott Diagnostic) dans les années 80. Ce retard sciemment orchestré pour favoriser l’institut Pasteur avait causé la mort de milliers d’hémophiles.

 

 

 

justice

Rendre des comptes

Y aura t’il, un jour, le procès des personnes qui ont sciemment retardé l’installation de l’outil le plus efficace jamais trouvé pour la réduction du tabagisme qui tue encore plus de 200 personnes par jour en France?

 

 

Publié dans News, Recherche, Santé
3 commentaires sur “Une étude japonaise indiquerait que l’e-cigarette est cancérigène.
  1. Paul dit :

    Super article bravo !

  2. Ecig dit :

    Très belle analyse, heureusement que certains blogueurs un tant soit peu rigoureux font ce travail de déconstruction des études aux protocoles très douteux…

    Il n’empêche que les grands médias les relaient sans même vérifier l’exactitude et le sérieux des conclusions émergeant desdites études… Désolant.

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