La cigarette electronique sans risque de vapotage passif !

L’équipe de recherche du professeur Dautzenberg, à l’hopital de la pitié Salpêtrière, a publié une nouvelle étude intitulée « Comparaison de l’aérosol de la cigarette electronique à celui des cigarettes ordinaires et de la chicha« . Les auteurs concluent notamment que, comparés aux cigarettes traditionnelles et à la chicha, « [la vapotage] ne présente pas de risque réel de tabagisme passif ».

Pour caractériser les aérosols de ce type, on distingue normalement 4 courants. La courant C1 est le flux d’aérosol directement inhalé par un utilisateur : c’est la « taffe » absorbée par un fumeur. La courant secondaire C2 est la fumée produite par une cigarette lorsque celle-ci est inutilisée. Dans le cas d’une cigarette electronique, C2 est nul car celle-ci est arrêtée lorsqu’on ne l’utilise pas. Le courant C3 est le flux exhalée par l’utilisateur. Enfin, on définit aussi le courant C4, qui est la somme des courants C2 et C3. Ce dernier est en fait la quantité d’aérosol auquel est soumis un non-fumeur, source du tabagisme passif.

Impacteur électrostatique basse pression pour mesure d'aérosol de cigarette electronique

Impacteur électrostatique à basse pression

La cigarette électronique utilisée est une Cigarettec® ZenAttitude®. Les aérosols sont analysées par un impacteur électrostatiques basse pression. Cette machine permet, après les avoir chargées électriquement, de séparer les particules en fonction de leur rayon hydrodynamique. C’est l’outil de prédilection utilisé par les tabacologues pour analyser les fumées, que ce soit des microparticules de diesel ou les fumées de tabac. Les auteurs ont d’ailleurs publiées des articles ces dernières années sur la fumée de cigarettes et la fumée de chicha. Dans le cas de la cigarette electronique, plusieurs types de mesures ont été réalisées : la mesure des tailles de gouttelettes dans les courants C1 et C3, et la mesure de la décroissance au cours du temps de la concentration de l’aérosol dans l’air dans un pièce non-ventilée.

Les gouttelettes de cigarette electronique sont de tailles équivalentes

Ainsi, les chercheurs trouvent que les tailles des gouttelettes produites par la cigarette electronique ont une taille médiane de 0,6µm pour le courant principal C1 et de 0,3µm pour le courant tertiaire C3. Ces valeurs sont très similaires à celles des cigarettes traditionnelles et des chicha qui sont toutes proches de 0,3µm. L’information importante à tirer de ces dimensions est que, à taille équivalente, les propriétés de dépositions des particules dans les poumons sont équivalentes elle-aussi. Selon les modèles de déposition pulmonaires, les gouttelettes d’e-liquides se déposent donc de la même manière dans les poumons. Comme le souligne le tabacologue Jacques Le Houezec dans son blog, cela indique fortement que l’efficacité d’action de la nicotine doit être équivalent pour les cigarettes traditionelles et les cigarettes électronique.

Faible temps de vie de l’aérosol à l’air libre

Décroissance particules cigarette electronique

Courbe de décroissance de la concentration des particules dans l’air. Gauche : gouttelettes de cigarette electronique. Droite : particules de fumées de cigarettes traditionnelles.

Le résultat majeur concerne le temps de demi-vie de l’aérosol dans l’air. Il s’agit du temps nécessaire pour que la concentration de l’aérosol dans l’air soit divisée par deux. Dans le cas des produits de tabac, ce temps est supérieur à 15 minutes. Pour l’aérosol des cigarettes électroniques, ce temps de demi-vie n’est que de 11 secondes ! Cela signifie qu’au bout de 11 secondes, la concentration de vapeur est divisée par deux, et par huit après 33 secondes. C’est cette faible persistance des vapeurs qui permet aux auteurs de conclure que les cigarettes électroniques ne présentent pas de risque réel de vapotage passif. Confiant, les chercheurs restent prudent sur l’innocuité de la vapeur de cigarette electronique et propose, pour être sûrs, de doser les quantités de propylène glycol et de nicotine contenues sous forme de gaz, et non sous forme de petite gouttelettes, dans l’air ambiant, ainsi que les quantités déposées sur les surfaces des pièces.

Quoi qu’il en soit, cette étude, réalisée par le professeur responsable de la mission d’étude ministérielle sur la cigarette électronique, est un bon présage pour l’avenir de cet outil.

Publié dans Recherche, Santé

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