Falsification de preuves en faveur du Snus

Du TIPP-EX sur des alternatives à la cigarette telles que le Snus !

ENSP - European Network for Smoking and Tobacco Prevention

ENSP – European Network for Smoking and Tobacco Prevention

La campagne menée par des organismes soi-disant de santé publique pour éliminer les alternatives bien moins risquées à la cigarette ( Snus ) est dangereuse, contraire à l’éthique, passive devant les faits et parfaitement dénuée de toute considération pour les personnes qu’ils sont supposés aider. Mais ils atteignent  un autre niveau d’horreur quand ils en arrivent à une imposture et une falsification délibérées. Quand cela se produit, cela devient quelque chose de plus maléfique – en fait, aussi néfaste et aussi meurtrier que les pires excès de l’industrie du tabac.  Et c’est ce qui s’est passé : ils ont utilisé du Tipp-Ex pour effacer les vérités gênantes dans un rapport destiné à informer les décideurs qui se fient aux bases scientifiques  sur les alternatives à la cigarette.

C’est avec une réelle consternation que nous devons affronter la falsification délibérée d’une expertise sur le tabac sans fumée par un organisme « sanitaire » européen, le « Réseau Européen de Prévention concernant  les Fumeurs » (ENSP) , nom sous lequel il était connu au moment des faits. L’utilisation du Tipp-Ex n’est que la partie émergée, aussi absurde que symbolique,  de l’iceberg qu’est le rejet délibéré de la preuve. Le journal suédois Aftonbladet rapporte l’histoire… (voir la traduction ci-dessous).

AFTONBLADET, 16 septembre 2012, Oskar Forsberg

COMMENT ILS ONT MAQUILLÉ LE RAPPORT SUR LE SNUS

La recherche européenne ne convenait pas aux ennemis du tabac – alors ils ont eu recours au Tipp-ex.

La commission de l’Union Européenne menace actuellement d’interdire le Snus suédois. Mais AFTONBLADET est en mesure de révéler que les Européens ont en grande partie fondé les bases de leur connaissance sur un rapport censuré avec partialité.

Les imposteurs  sont allés jusqu’à passer au Tipp-Ex des passages du rapport, comme l’affirme une source bien informée. En 2003, la commission de l’UE avait demandé à l’ENSP (le Réseau Européen de Prévention concernant les Fumeurs) d’écrire un rapport sur le Snus suédois.

Pour ce travail, un contrat avait été passé avec l’organisme de consultation allemand « Research voor Beleid.  Dans leur rapport « Lever l’interdiction sur le tabac à mâcher », les Allemands concluaient que l’interdiction du Snus devrait être levée dans l’Union Européenne.

cancer de la bouche

Cancer de la cavité buccale

Mais quand l’ENSP reçut ce document, dont le contenu était en contradiction avec leurs convictions en la matière, l’organisme décida de re-écrire le rapport. Et ce qu’ils présentèrent à sa place aboutissait à une conclusion complètement différente : que le Snus est dangereux et provoque le cancer de la cavité buccale.

Une large censure.

Le nouveau rapport s’appelait « Rapport de situation sur le tabac par voie orale »

AFTONBLADET a eu accès aux deux documents. Plusieurs passages du rapport original avaient été détruits. Parmi eux, on relève l’affirmation que les critiques que l’on peut porter contre le Snus suédois peuvent également être portées contre les produits de remplacement thérapeutiques.

du tipp ex sur le rapport du SNUS

Mais la censure irait encore plus loin. Après que le rapport final a été « lessivé » et ré-imprimé, les lobbyistes anti-Snus de l’ENSP ont encore trouvé d’autres « défauts ». Ils ont oublié, toutefois, de détruire une demi-phrase.

Ils n’ont pas réussi à réimprimer le texte édité avant qu’il ne doive être officiellement  présenté. Aussi, d’après la source d’Aftonbladet, ils ont passé du Tipp-Ex à la dernière minute sur ce qui restait d’une appréciation positive sur le Snus.

Si l’on lève le document vers une source de lumière, il est facile de lire la ligne originale : « Une fréquence accrue de cancer de la cavité buccale a été vue parmi les utilisateurs de Snus en Amérique du Nord mais, sans équivoque, pas  en Suède ». Après avoir été recouverte de Tipp-Ex, la phrase se lit : « Une fréquence accrue de cancer de la cavité buccale a été vue parmi les utilisateurs de Snus ».

Seulement quelques copies.

Après la publication, le texte a été réimprimé une fois de plus. La version « Tipp-Ex » présentée en 2004 n’est donc plus disponible aujourd’hui qu’en quelques exemplaires.

« On ne peut pas botter en touche ».

Le rapport présente ses remerciements à de nombreux Suédois, dont Hans Giljam, critique du Snus à l’institut Karolinska et simultanément conseiller du géant pharmaceutique Pfizer, le fabriquant du remède anti-nicotine Champix, un cumul dont Aftonbladet avait précédemment parlé dans un article.

« Je ne connais pas ce rapport mais en effet, j’en connais un autre qui a été élaboré  dans une phase ultérieure et auquel j’avais participé comme rédacteur », dit-il.

L’usage est-il de modifier les textes scientifiques dans les rapports de l’Union Européenne ?

« Non, le texte écrit devrait rester le fondement scientifique. Il n’y a pas une grande marge de manœuvre. On ne peut botter en touche », dit Giljam.

Paul Nordgren, du groupe de réflexion Tobaksfacta, financé par l’Institut National Suédois de la Santé Publique (FHI), a aussi rédigé un chapitre de ce rapport. Il a également été remercié par l’ENSP, mais n’a pas pu être joint pour un commentaire.

Je suis dégoûté par ces gens-là. Si vous considérez ce qui s’est passé là, imaginez seulement le raz de marée de rage vertueuse qui aurait déferlé si une entreprise de tabac ou ceux d’entre nous qui  soutiennent l’introduction d’une alternative bien moins dangereuse  que le tabac avaient fait la même chose. Voilà ce qui arriverait :

  • Le rapport serait  supprimé
  • L’ENSP n’aurait plus le droit de recevoir des fonds publics, spécialement de l’Union Européenne
  • Quelqu’un, quelque part, devrait assumer ses responsabilités et présenter des excuses
  • Beaucoup de personnes qui se pensent les avocats de la santé, et sont payées comme telles, ne sont rien de tout cela – elles devraient  se mettre à interroger leur conscience et reconsidérer l’évidence avec humilité

Bien que cette falsification soit absolument scandaleuse, je doute qu’il y ait jamais eu une quelconque intention de fournir une preuve scientifique objective qui aurait donné à la Commission Européenne des raisons non souhaitées pour changer d’avis sur leur prohibition complètement contre-productive du tabac à mâcher.  Plus vraisemblablement, ils cherchaient des arguments pour démontrer qu’ils avaient eu raison tout le temps. S’ils souhaitaient une caution objective de la science et de l’épidémiologie, pourquoi auraient-ils choisi l’ENSEP pour faire le travail en premier lieu– un groupe qui est manifestement hostile à la démarche de réduction des risques ? Pour souligner ce point, l’ENSEP a maintenant changé son nom en  « Réseau Européen pour la prévention concernant les Fumeurs et le Tabac  »

Au fait, vous pouvez en lire plus sur ce genre de mensonges dans l’excellent livre « L’art de la suppression : plaisir, panique et prohibition depuis 1800 » par Chris Snowdown

Les faits

La vente du Snus est interdite dans l’Union Européenne depuis 1992. Quand la Suède a intégré l’U.E. elle a obtenu une dispense permanente d’interdiction à condition de ne pas vendre de Snus aux autres pays de l’Union Européenne. En avril 2012 Aftonbladet a révélé que le Parlement Européen proposait d’interdire d’aromatiser le tabac. En pratique, cette décision reviendrait à interdire le Snus suédois qui a toujours contenu des arômes. La nouvelle a été massivement critiquée.

Des résultats falsifiés.

Les lobbyistes anti-Snus de l’ENSP étaient chargés par la Commission de l’Union Européenne de faire le point sur le Snus en Europe. Ceux-ci, à leur tour, ont confié le travail à une compagnie allemande. Le rapport des Allemands concluait que l’interdiction du SNUS devrait être abolie dans l’Union Européenne. L’ENSP a fait machine arrière et détruit des passages de ce rapport.

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