Cigarette electronique : la médecine a un coût, mais elle a surtout un prix. (S.Veil)

Un consensus d’experts sur la cigarette electronique en préparation pour juin

les choix des experts

directive sur la cigarette electronique

L’article ci dessous informe de la constitution d’un comité d’experts pour valider les propositions et décisions prises par Bertrand Dautzenberg à partir de ses avis sur la cigarette electronique. On y apprend notamment que la cigarette electronique peut apporter l’illusion d’un produit moins toxique et favoriser par extension la persistance de la consommation de tabac. Que veut dire l’illusion d’un produit moins toxique si ce n’est que l’on se trompe et que c’est un produit plus toxique. Les vapoteurs demandent depuis des années de comparer les risques de la cigarette electronique au risque du tabac mais ce n’est pas la peine puisque le Pr Dautzenberg nous le dit : c’est plus toxique…

PARIS, 30 janvier 2013 (APM) – L’Office français de prévention du tabagisme (OFT) doit présenter en juin des recommandations élaborées à partir d’un consensus d’experts sur la cigarette électronique, a-t-on appris auprès de son président, le Pr Bertrand Dautzenberg (Pitié-Salpêtrière, Paris, AP-HP), à l’occasion du Congrès de pneumologie de langue française (CPLF) qui débute vendredi à Lille.Ce rapport, soutenu par la direction générale de la santé (DGS) sur proposition de l’OFT, fera « un état des lieux en France et dans d’autres pays » et formulera « des recommandations par rapport à la nouvelle directive européenne sur les produits du tabac », indique le pneumologue à l’APM. »Il faut limiter un produit en pleine évolution dont on ne peut dresser que de façon provisoire le rapport bénéfice/risque dans chaque utilisation car la réalité est en constant changement », explique-t-il dans le dossier de presse de présentation du CPLF.L’OFT a fait appel à 10 experts, huit Français, un Belge et un Suisse, qui vont échanger lors d’une première réunion prévue lundi. « Ils ont validé une première liste de questions et nous avons déjà bien travaillé par internet », poursuit le Pr Dautzenberg.Il prévoit de « présenter à la DGS les principaux éléments du rapport le 31 mai, à l’occasion de la journée mondiale sans tabac ».Le projet de directive présenté en décembre 2012 (cf APM HMPLH003) vise à adapter une réglementation datant de 2001 devenue caduque face à l’arrivée de nouveaux produits, comme la cigarette electronique qui ne répond pas à la définition des produits du tabac.Dans une fiche questions/réponses diffusée alors à la presse, la Commission européenne précisait que « les produits contenant de la nicotine (par exemple, les cigarettes electroniques) dans certaines proportions sont autorisés sur le marché mais doivent comporter des avertissements sanitaires; les produits excédant le seuil fixé ne peuvent être commercialisés que s’ils sont autorisés comme médicaments, par exemple pour des traitements nicotiniques de substitution (patches à la nicotine) », note-t-on.

En France, un produit contenant de la nicotine est considéré comme un médicament lorsque la teneur en nicotine est d’au moins 20 mg/mL alors que le seuil fixé par le projet de directive est de 4 mg/mL, concentration dépassée par toutes les e-cigarettes sur le marché, indique le Pr Dautzenberg dans le dossier de presse du CPLF.

Les cigarettes electroniques ne peuvent pas prétendre être des médicaments destinés au sevrage tabagique. Elles sont pourtant présentées par leur fabricant comme un moyen d’arrêter de fumer, et ce sans apporter les preuves scientifiques d’inocuité et d’efficacité.

« En l’absence de certitudes, il convient d’encadrer ces produits sans délai et de façon adaptée, au nom du principe de précaution », pointe le Pr Dautzenberg dans le dossier de presse.

Il explique qu’avec une cartouche d’e-cigarette contenant 8 mg de nicotine, plus de la moitié est délivrée à la bouche lors de l’utilisation, soit un rendement très supérieur aux (vraies) cigarettes qui ne délivrent que moins de 10% de leur nicotine.

Il souligne en outre que si les produits vendus en France annoncent tous moins de 20 mg/L de nicotine, ils sont tous au-dessus du seuil de 1 mg/mL à partir duquel la réglementation sur les substances vénéneuses demande des avertissements sanitaires.

Concernant l’efficacité de la cigarette electronique dans le sevrage tabagique, les publications scientifiques se multiplient mais il faudra attendre les résultats d’une vaste étude néo-zélandaise. Initiée en 2011 par le Dr Chris Bullen de l’université d’Auckland, l’étude ASCEND prévoit d’évaluer, auprès de quelque 560 fumeurs, l’impact à six mois de la prise pendant trois mois d’une cigarette électronique contenant 16 mg de nicotine, avec deux groupes contrôles, l’un avec une e-cigarette sans nicotine et l’autre avec un patch à la nicotine, lit-on sur le site internet de l’établissement.

Dans le dossier de presse du CPLF, le Pr Dautzenberg estime que pour un fumeur d’un ou deux paquets de cigarettes par jour, l’utilisation des cigarettes electroniques peut constituer « une réduction du risque sur le plan du produit fumé mais peut aussi apporter l’illusion d’un produit moins toxique et favoriser par extension la persistance de la consommation de tabac ».

« Du fait des incertitudes, nul professionnel ne peut recommander la démarche car aucun rapport bénéfice/risque correspondant aux exigences d’un produit de santé n’a jamais été conduit », conclut-il.

En 2008, la DGS et l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, devenue ANSM en 2012) recommandaient « la plus grande prudence » vis-à-vis des cigarettes electroniques (cf APM EHLG7003) tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en déconseillait l’usage (cfAPM COLIJ005).

 

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4 commentaires sur “Cigarette electronique : la médecine a un coût, mais elle a surtout un prix. (S.Veil)
  1. Céline dit :

    Intéressant. Reste à espérer que les experts en questions ne seront pas partie prenante de l’industrie pharmaceutique qui a probablement encore des patchs et autres à écouler.
    Espérons qu’ils s’appuieront aussi sur des études scientifiques sérieuses comme celle-ci sur le potentiel danger de la cigarette électronique sur l’entourage.

    En tous cas, hête de lire leur rapport.

  2. Olivier dit :

    Je suis très surpris du contenu de ce texte.
    Même si la cigarette électronique contient de la nicotine (max 18mg), il faut comparer le facteur « danger » en opposition à la cigarette.
    Pas seulement sur la nicotine, mais sur l’ensemble des substances de la cigarette.
    De plus je vous signale que la cigarette électronique, bien plus efficace que les patchs (21mg de nicotines), ne coûte rien à la sécurité sociale…
    La cigarette électronique existe depuis plusieurs années ( 8 ans) et on n’a constaté aucune dégradation de santé chez les utilisateurs.
    Peut-on en dire autant sur le tabac ?
    À qui profitera la polémique..?? C’est ça la vraie question !!

  3. Jean-Guy dit :

    > le Pr Dautzenberg nous le dit : c’est plus toxique…

    Vous dites n’importe quoi.

    A chacune de ses interventions, qui sont surveillées comme l’huile sur le feu sur forum-ecigarette.com (je suis membre), Dautzenberg dit clairement que l’ecig est très probablement moins nocive que le tabac.

    Pourquoi l’insulter continuellement alors qu’il est juste prudent?
    Pourquoi lui faire dire ici quelque chose alors qu’il dit toujours le contraire?

    • Nicolas dit :

      Bonjour Jean Guy,
      Le Pr Dautzenberg ne peut ignorer les études qui montrent la faible toxicité de la e-cig par rapport à la cigarette et son discours a quelque peu évolué, pourtant, il reste largement opposé à sa diffusion. Toutes ses insinuations exagèrent le risque le la e-cigarette, déforment les résultats des études sur l’attrait de la e-cig chez les jeunes, vante la pseudo efficacité des TNS versus placebo, nie l’effet des IMAO comme potentialisateur de la nicotine, cite une étude défavorable payée par Pfizer et cache les autres favorables… Je pourrai continuer comme çà avec référencement de ses allégations. De plus, bien plus grave et impardonnable, il nie ses intérets avec l’industrie pharmaceutique. Tout cela le décrédibilise aujourd’hui devant tous ses confrères plus ouverts aux innovations et à la gestion du risque et son temps est compté en tant qu’expert.
      La dernière insinuation est datée d’aujourd’hui dans le téléphone sonne de « France Info » en présence de Jean Pol Toussin et le Dr Martinet.
      « même si la cigarette électronique se révèle 1000 fois moins dangereuse que la cigarette, étant donné que la cigarette va tuer 1 milliard de personne dans le monde la cigarette electronique en tuera 1 million. Je ne serai pas le responsable d’un million de décès!!! »
      Convenez qu’au niveau dialectique, il fait très fort 😉
      Nicolas

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