Prise en charge des traitements par substituts nicotinique

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La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé hier, 26 mars 2018, le remboursement des traitements par substituts nicotiniques par la Sécurité Sociale.

Une mesure très attendue

La ministre de la santé, accompagnée par Edouard Philippe, a donc annoncé que les traitements par substituts nicotinique (TSN) allaient être pris en charge par l’assurance maladie, au même titre que les autres médicaments remboursables. Cette mesure, réclamée depuis bien longtemps par les professionnels de santé, arrive enfin après que le ministère ait enfin admis que le forfait annuel de 150€ posait un problème dans le cadre d’une lutte sérieuse contre ce fléau qu’est le tabagisme :

« L’un des freins majeurs actuels du recours aux traitements de sevrage est la nécessité de faire systématiquement l’avance de frais dans le cadre du forfait »

Agnès Buzyn a pour objectif de :

« développer l’accessibilité aux traitements d’aide à l’arrêt tabagique pour l’ensemble des fumeurs souhaitant arrêter de fumer, et en particulier les plus défavorisés ».  

« Il s’agit aujourd’hui de franchir une nouvelle phase dans le soutien au sevrage tabagique : passer du forfait d’aide au sevrage de 150€ par an et par assuré à un remboursement classique comme pour tous les médicaments remboursables, explique la ministre. Cela permet à la fois de lever les freins liés à l’avance de frais systématique et d’avoir le même tarif pour un produit sur tout le territoire, tout en permettant une durée de traitement adaptée à la dépendance. »

Quand ?

Le mise en place de cette mesure sera progressive. Les laboratoires pharmaceutiques ont besoin de temps pour s’adapter à cette nouvelle donne. On se demande bien pourquoi. Bref.

Mme Buzyn précise :

« Un premier produit sera inscrit dès cette semaine au remboursement par le gouvernement »

« Le forfait disparaîtra donc au profit d’une prise en charge classique plus accessible et efficace pour les fumeurs et plus simple pour les professionnels de santé »

On connait déjà le premier élu qui sera remboursé. En tout cas, ça nous promet une belle foire d’empoigne dans le lobby pharma.

Et la vape ?

Le ministère n’annonce toujours rien en ce qui concerne la E-Cigarette. Bien, pas bien ? Un certain nombre d’acteurs de la vape s’insurge déjà du silence du ministère ; encore et toujours. A titre de comparaison, nos voisins d’outre-manche ont déjà validé le remboursement de certains produits de la vape et ce, depuis janvier 2016.

Cela dit, est-il souhaitable que la E-Cigarette soit prise en charge par la Sécurité Sociale ? Bon nombre de personnes ne souhaite pas passer par cette voie, lui préférant une démarche individuelle libre. Ce sont les consommateurs qui ont plébiscité ce produit, sans encadrement officiel. Le succès du dispositif est essentiellement dû au fait qu’il est un produit de consommation courante ; donc accessible à tous.

Pour être tout à fait clair, si les produits de la vape entrent dans une procédure de remboursement, ils devront nécessairement être très encadrés. Et ce avec les mêmes contraintes que les médicaments. Cela nécessite beaucoup de temps et d’autorisations ainsi que de lourds investissements, limitant de fait les acteurs du secteur. Le risque est que tout ceci devienne un frein à l’innovation. Tout ce qui fait le dynamisme du marché de la vape pourrait subir un gros coup de frein.

Alors, la question se pose : comment concilier une politique forte de réduction du risque passant pas le remboursement, avec un dispositif en accès libre, à l’innovation constante et nécessaire ? Aujourd’hui, certaines mutuelles, accompagnées par des associations, prennent en charge le remboursement des traitements de sevrage, y compris la vape. Nous arrivons peut-être à la croisée des chemins qui nous conduira vers un monde sans tabac fumé. On sait que les géants du tabac se préparent également au changement. Tout le monde va vouloir tirer son épingle du jeux, mais avec des moyens différents.

Dès lors, on se pose la question de savoir ce que va devenir la vape dans un avenir plus ou moins proche. Sera t’elle toujours libre ? La réponse tient peut-être par la reconnaissance d’un nouveau métier dans lequel les acteurs actuels de la vape auront un rôle important à jouer ; la FIVAPE y travaille activement.

Conclusion

On avance dans la lutte contre le tabagisme. C’est un signe fort, mais comme toujours en France, un peu tardif. Mieux vaux tard que jamais. En revanche, on aimerait à minima que le ministère soit un peu moins frileux en ce qui concerne la vape comme outil de sevrage. Malgré tout ce qui a déjà été dit et fait, notamment lors du dernier mois sans tabac, la vape est encore un outil suscitant la méfiance des autorités de santé. On peut le comprendre, mais les preuves s’accumulent et on se demande pourquoi tant de frilosité. On ne parlera pas des médias mainstream qui en remettent systématiquement une couche, presque chaque semaine avec son lot d’approximations, voire de mensonges. Gageons que cela finira par changer, à l’instar de nos voisins anglais qui, eux, sont très largement en avance sur nous. On peut dire qu’aujourd’hui, la vape est reconnue comme un outil de réduction du risque, et non un jouet, par la majorité des acteurs de santé.

 

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